Amortissement dégressif : calcul, taux, tableau et conditions d'éligibilité (2026)
Calculez votre amortissement dégressif en ligne : formule, coefficients 2026, tableau sur 5/7/10 ans et conditions d'éligibilité. Guide d'expert-comptable.

Calculez votre amortissement dégressif en ligne : formule, coefficients 2026, tableau sur 5/7/10 ans et conditions d'éligibilité. Guide d'expert-comptable.

| Exercice | VNC début | Annuité | Mode | VNC fin |
|---|---|---|---|---|
| 2026 (12 mois) | 15 000,00 € | 5 250,00 € | Dégressif | 9 750,00 € |
| 2027 | 9 750,00 € | 3 412,50 € | Dégressif | 6 337,50 € |
| 2028 | 6 337,50 € | 2 218,13 € | Dégressif | 4 119,37 € |
| 2029basculement | 4 119,37 € | 2 059,69 € | Linéaire | 2 059,68 € |
| 2030 | 2 059,68 € | 2 059,68 € | Linéaire | 0,00 € |
| Total | 15 000,00 € |
Simulateur fourni à titre indicatif. Les résultats ne constituent pas un conseil fiscal. Consultez votre expert-comptable pour valider votre plan d'amortissement.
L'amortissement dégressif est un mode d'amortissement fiscal qui permet de constater des charges plus élevées durant les premiers exercices d'utilisation d'un bien, puis des charges décroissantes au fil du temps. Contrairement à l'amortissement linéaire — qui répartit le coût d'acquisition de manière uniforme sur la durée d'utilisation — le dégressif concentre la déduction fiscale sur le début de la période d'amortissement.
Ce mécanisme repose sur un principe simple : chaque année, l'annuité d'amortissement est calculée en appliquant un taux dégressif constant non pas sur la valeur d'origine du bien, mais sur sa valeur nette comptable (VNC) à l'ouverture de l'exercice. La VNC diminuant d'année en année, l'annuité diminue mécaniquement — d'où le qualificatif « dégressif ».
L'amortissement dégressif a été instauré par le législateur français pour encourager l'investissement productif des entreprises. En permettant de déduire davantage de charges en début de vie du bien, l'État offre un avantage de trésorerie significatif : l'entreprise paie moins d'impôt sur les sociétés (ou d'impôt sur le revenu) les premières années, ce qui lui libère des liquidités pour financer d'autres investissements.
Ce régime est particulièrement adapté aux biens qui subissent une obsolescence technologique rapide (matériels informatiques, machines industrielles de dernière génération) ou dont la productivité est maximale au début de leur utilisation.
La VNC est le pivot du calcul dégressif. Elle correspond à la valeur brute du bien diminuée du cumul des amortissements déjà pratiqués. À l'ouverture du premier exercice, la VNC est égale au coût d'acquisition (prix d'achat + frais accessoires). Elle décroît ensuite chaque année du montant de l'annuité retenue.
Cette base mobile distingue fondamentalement le dégressif du linéaire : en linéaire, la base de calcul reste toujours la valeur d'origine ; en dégressif, elle se réduit chaque exercice, produisant des annuités naturellement décroissantes.
Point clé
Le choix entre amortissement dégressif et linéaire est une décision de gestion irréversible, prise bien par bien, au moment de l'inscription à l'actif. Il est impossible de revenir en arrière une fois le mode d'amortissement choisi — seul le basculement automatique vers le linéaire en fin de plan est prévu par la réglementation.
L'amortissement dégressif n'est pas accessible à toutes les immobilisations. Le Code général des impôts (CGI, article 39 A) dresse une liste limitative des catégories de biens ouvrant droit à ce régime. Deux conditions cumulatives doivent être remplies : le bien doit être neuf et sa durée normale d'utilisation doit être d'au moins 3 ans.
| Catégorie de biens | Exemples |
|---|---|
| Matériels et outillages industriels | Machines-outils, presses, tours, robots de production |
| Équipements de transport | Véhicules utilitaires, camions, remorques, chariots élévateurs |
| Installations à caractère médico-social | Équipements hospitaliers, matériel de laboratoire |
| Matériels de recherche et développement | Équipements scientifiques, prototypes, bancs d'essai |
| Machines de bureau et matériel informatique | Serveurs, postes de travail, imprimantes professionnelles |
| Véhicules industriels | Engins de chantier, tracteurs, véhicules spéciaux |
| Installations de dépollution | Stations d'épuration, filtres industriels, systèmes de traitement |
Source
La liste complète des biens éligibles figure à l'article 39 A du CGI et dans le BOFiP (BOI-BIC-AMT-20-20-20). En cas de doute sur l'éligibilité d'un bien spécifique, consultez votre expert-comptable ou vérifiez la doctrine administrative sur bofip.impots.gouv.fr.
Le taux d'amortissement dégressif est obtenu en multipliant le taux linéaire (100 % / durée d'utilisation) par un coefficient fiscal qui varie selon la durée d'utilisation du bien. Ces coefficients sont fixés par l'article 39 A, 1 du CGI.
| Durée d'utilisation | Taux linéaire | Coefficient | Taux dégressif |
|---|---|---|---|
| 3 ans | 33,33 % | 1,25 | 41,67 % |
| 4 ans | 25,00 % | 1,25 | 31,25 % |
| 5 ans | 20,00 % | 1,75 | 35,00 % |
| 6 ans | 16,67 % | 1,75 | 29,17 % |
| 7 ans | 14,29 % | 2,25 | 32,14 % |
| 8 ans | 12,50 % | 2,25 | 28,13 % |
| 10 ans | 10,00 % | 2,25 | 22,50 % |
Majoration R&D
Les matériels de recherche scientifique et technique peuvent bénéficier d'un coefficient majoré de 0,5 point supplémentaire (soit 1,75 au lieu de 1,25 pour 3-4 ans, 2,25 au lieu de 1,75 pour 5-6 ans, et 2,75 au lieu de 2,25 pour 7 ans et plus). Vérifiez l'éligibilité précise auprès de votre expert-comptable.
L'amortissement dégressif se calcule à partir du premier jour du mois d'acquisition du bien (et non du premier jour d'utilisation, contrairement au linéaire). Pour la première année, l'annuité est calculée au prorata du nombre de mois restants dans l'exercice à compter du mois d'acquisition inclus.
La formule du prorata temporis est la suivante :
Annuité année 1 = Valeur d'acquisition × Taux dégressif × (Nombre de mois restants / 12)
Par exemple, pour un bien acquis le 15 mars avec un exercice calé sur l'année civile, le nombre de mois retenus est de 10 (de mars à décembre inclus). L'annuité de la première année sera donc : Valeur × Taux dégressif × 10/12.
Prenons un cas concret pour illustrer le fonctionnement du plan d'amortissement dégressif. Une entreprise acquiert une machine industrielle d'une valeur de 15 000 € le 1er mars 2024. La durée d'utilisation retenue est de 5 ans. L'exercice comptable coïncide avec l'année civile (clôture au 31 décembre).
Le taux linéaire est de 20 % (100 % / 5). Le coefficient applicable est 1,75 (durée de 5 ans). Le taux dégressif est donc de 35 % (20 % × 1,75).
| Exercice | Base (VNC début) | Annuité dégressive | Annuité linéaire résiduelle | Annuité retenue | VNC fin |
|---|---|---|---|---|---|
| 2024 (10 mois) | 15 000,00 € | 4 375,00 € | 2 500,00 € | 4 375,00 € | 10 625,00 € |
| 2025 | 10 625,00 € | 3 718,75 € | 2 656,25 € | 3 718,75 € | 6 906,25 € |
| 2026 | 6 906,25 € | 2 417,19 € | 2 302,08 € | 2 417,19 € | 4 489,06 € |
| 2027 (basculement) | 4 489,06 € | 1 571,17 € | 2 244,53 € | 2 244,53 € | 2 244,53 € |
| 2028 | 2 244,53 € | 785,59 € | 2 244,53 € | 2 244,53 € | 0,00 € |
| Total | 15 000,00 € |
2024 (année d'acquisition) : La machine est acquise le 1er mars, il reste 10 mois dans l'exercice. Annuité dégressive = 15 000 × 35 % × 10/12 = 4 375 €. L'annuité linéaire résiduelle (15 000 / 5 × 10/12) serait de 2 500 €. On retient le montant le plus élevé : 4 375 €.
2025 : La VNC au 1er janvier est de 10 625 €. Annuité dégressive = 10 625 × 35 % = 3 718,75 €. L'annuité linéaire résiduelle (10 625 / 4 ans restants) = 2 656,25 €. On retient 3 718,75 €.
2026 : VNC = 6 906,25 €. Annuité dégressive = 6 906,25 × 35 % = 2 417,19 €. Linéaire résiduelle = 6 906,25 / 3 = 2 302,08 €. On retient 2 417,19 €.
2027 (basculement vers le linéaire) : VNC = 4 489,06 €. Annuité dégressive = 4 489,06 × 35 % = 1 571,17 €. Linéaire résiduelle = 4 489,06 / 2 = 2 244,53 €. L'annuité linéaire dépasse désormais la dégressive : on bascule vers le linéaire. On retient 2 244,53 €.
2028 : VNC = 2 244,53 €. On reste en linéaire : annuité = 2 244,53 €. Le bien est totalement amorti.
Règle du basculement
Le passage du mode dégressif au mode linéaire est automatique et obligatoire. Il intervient dès que l'annuité calculée selon le taux dégressif devient inférieure à l'annuité linéaire obtenue en divisant la VNC résiduelle par le nombre d'années restantes. Ce basculement garantit que le bien sera intégralement amorti à l'issue de sa durée de vie.
Le choix entre amortissement dégressif et linéaire dépend de la situation spécifique de chaque entreprise. Ce n'est pas une question de « meilleure méthode » dans l'absolu, mais d'adéquation avec le profil fiscal et les besoins financiers de l'entreprise.
| Profil d'entreprise | Méthode recommandée | Justification |
|---|---|---|
| Start-up déficitaire | Linéaire | Inutile d'accélérer les charges : le déficit est déjà reportable. Le linéaire lisse la déduction dans le temps. |
| PME bénéficiaire | Dégressif | Maximise l'économie d'IS immédiate, libère de la trésorerie pour réinvestir. |
| Entreprise à l'IR (BIC/BNC) | Dégressif | Réduit le revenu imposable les premières années, utile en tranche marginale élevée. |
| Entreprise en forte croissance | Dégressif | L'avantage de trésorerie finance la croissance sans recours à l'emprunt supplémentaire. |
| Bien à obsolescence rapide | Dégressif | Reflète mieux la réalité économique : le bien perd plus de valeur en début de vie. |
| Bien à durée longue (> 10 ans) | Linéaire | Le différentiel dégressif/linéaire est moins significatif sur de longues durées. |
Attention : décision irréversible
Rappelons que le choix du mode d'amortissement est une décision de gestion irréversible. Une fois le dégressif retenu pour un bien donné, il est impossible de revenir au linéaire (et inversement). Analysez soigneusement votre situation fiscale avant de vous engager. En cas de doute, faites-vous accompagner par votre expert-comptable.
Reprenons l'exemple de la machine à 15 000 €. Avec un taux d'IS de 25 %, voici l'économie d'impôt comparée :
Sur les deux premières années cumulées, le dégressif génère une économie d'IS anticipée de plus de 700 € par rapport au linéaire. Ce montant peut sembler modeste sur un bien à 15 000 €, mais pour un parc machines de plusieurs centaines de milliers d'euros, l'avantage de trésorerie devient très significatif.
Lorsqu'une entreprise opte pour l'amortissement dégressif fiscal alors que l'amortissement économiquement justifié (au sens du PCG) est l'amortissement linéaire, elle doit constater un amortissement dérogatoire correspondant à la différence entre les deux.
L'article 214-8 du Plan Comptable Général (PCG) impose de distinguer :
La différence entre les deux constitue l'amortissement dérogatoire, qui est une provision réglementée inscrite dans les capitaux propres.
Pendant les premières années, l'annuité dégressive est supérieure à l'annuité linéaire. L'écart est comptabilisé en amortissement dérogatoire :
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 68112 | Dotation aux amortissements des immobilisations corporelles | Annuité linéaire | |
| 68725 | Dotation aux amortissements dérogatoires | Différence (dégressif − linéaire) | |
| 28154 | Amortissements des installations techniques | Annuité linéaire | |
| 145 | Amortissements dérogatoires | Différence (dégressif − linéaire) |
Lorsque l'annuité linéaire résiduelle prend le relais (après le basculement), l'amortissement dérogatoire précédemment constitué est repris progressivement :
| Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 68112 | Dotation aux amortissements des immobilisations corporelles | Annuité linéaire | |
| 145 | Amortissements dérogatoires | Différence (linéaire − dégressif) | |
| 28154 | Amortissements des installations techniques | Annuité linéaire | |
| 78725 | Reprise sur amortissements dérogatoires | Différence (linéaire − dégressif) |
Bon à savoir
L'amortissement dérogatoire est une charge non décaissée qui réduit le résultat comptable mais pas la trésorerie. Il constitue une réserve de capitaux propres qui améliore la structure financière de l'entreprise au bilan. Lors de la phase de reprise, cette réserve se dénoue progressivement, augmentant le résultat comptable sans impact sur la trésorerie.
En accompagnant des centaines de TPE et PME, nous constatons régulièrement les mêmes erreurs dans l'application de l'amortissement dégressif. Voici les trois plus courantes et comment les prévenir.
C'est l'erreur la plus fréquente. Un client achète un véhicule utilitaire d'occasion et applique le taux dégressif par réflexe. Résultat : en cas de contrôle fiscal, l'administration rectifie le plan d'amortissement et réintègre les excédents déduits, majorés de pénalités (intérêts de retard de 0,20 % par mois + éventuelle majoration de 40 % pour manquement délibéré).
Rappel
Seuls les biens acquis à l'état neuf ouvrent droit à l'amortissement dégressif. Un bien reconditionné, de seconde main ou rénové reste un bien d'occasion au sens fiscal.
Certaines entreprises continuent d'appliquer le taux dégressif jusqu'à la fin du plan, ce qui aboutit à un amortissement incomplet du bien (il reste une VNC résiduelle non nulle à la fin de la durée d'utilisation). Le basculement vers le linéaire n'est pas une option : c'est un mécanisme automatique et obligatoire qui garantit l'amortissement intégral du bien.
La règle est simple : dès que l'annuité dégressive (VNC × taux dégressif) devient inférieure au quotient de la VNC par le nombre d'années restantes, on bascule définitivement vers le linéaire.
Lorsque l'entreprise utilise le dégressif fiscal mais que l'amortissement économique est linéaire, l'écart doit impérativement être constaté en amortissement dérogatoire. L'oubli de cette écriture fausse à la fois le résultat comptable et le bilan. En cas de contrôle, l'absence d'amortissement dérogatoire peut entraîner une remise en cause de la déduction fiscale, car l'administration pourrait considérer que l'amortissement n'a pas été « effectivement comptabilisé » au sens de l'article 39 B du CGI.
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