Comptabilité

Amortissement dégressif : calcul, taux, tableau et conditions d'éligibilité (2026)

Calculez votre amortissement dégressif en ligne : formule, coefficients 2026, tableau sur 5/7/10 ans et conditions d'éligibilité. Guide d'expert-comptable.

Cabinet CCAC9 avril 202612 min de lecture
Amortissement dégressif — calcul et tableau 2026

Simulateur d'amortissement dégressif

Taux dégressif : 35 %Coefficient : 1.75Économie IS année 1 : +562,5 €
ExerciceVNC débutAnnuitéModeVNC fin
2026 (12 mois)15 000,00 €5 250,00 €Dégressif9 750,00 €
20279 750,00 €3 412,50 €Dégressif6 337,50 €
20286 337,50 €2 218,13 €Dégressif4 119,37 €
2029basculement4 119,37 €2 059,69 €Linéaire2 059,68 €
20302 059,68 €2 059,68 €Linéaire0,00 €
Total15 000,00 €

Simulateur fourni à titre indicatif. Les résultats ne constituent pas un conseil fiscal. Consultez votre expert-comptable pour valider votre plan d'amortissement.

Qu'est-ce que l'amortissement dégressif ?

L'amortissement dégressif est un mode d'amortissement fiscal qui permet de constater des charges plus élevées durant les premiers exercices d'utilisation d'un bien, puis des charges décroissantes au fil du temps. Contrairement à l'amortissement linéaire — qui répartit le coût d'acquisition de manière uniforme sur la durée d'utilisation — le dégressif concentre la déduction fiscale sur le début de la période d'amortissement.

Ce mécanisme repose sur un principe simple : chaque année, l'annuité d'amortissement est calculée en appliquant un taux dégressif constant non pas sur la valeur d'origine du bien, mais sur sa valeur nette comptable (VNC) à l'ouverture de l'exercice. La VNC diminuant d'année en année, l'annuité diminue mécaniquement — d'où le qualificatif « dégressif ».

Pourquoi ce régime existe-t-il ?

L'amortissement dégressif a été instauré par le législateur français pour encourager l'investissement productif des entreprises. En permettant de déduire davantage de charges en début de vie du bien, l'État offre un avantage de trésorerie significatif : l'entreprise paie moins d'impôt sur les sociétés (ou d'impôt sur le revenu) les premières années, ce qui lui libère des liquidités pour financer d'autres investissements.

Ce régime est particulièrement adapté aux biens qui subissent une obsolescence technologique rapide (matériels informatiques, machines industrielles de dernière génération) ou dont la productivité est maximale au début de leur utilisation.

Le rôle central de la valeur nette comptable (VNC)

La VNC est le pivot du calcul dégressif. Elle correspond à la valeur brute du bien diminuée du cumul des amortissements déjà pratiqués. À l'ouverture du premier exercice, la VNC est égale au coût d'acquisition (prix d'achat + frais accessoires). Elle décroît ensuite chaque année du montant de l'annuité retenue.

Cette base mobile distingue fondamentalement le dégressif du linéaire : en linéaire, la base de calcul reste toujours la valeur d'origine ; en dégressif, elle se réduit chaque exercice, produisant des annuités naturellement décroissantes.

Point clé

Le choix entre amortissement dégressif et linéaire est une décision de gestion irréversible, prise bien par bien, au moment de l'inscription à l'actif. Il est impossible de revenir en arrière une fois le mode d'amortissement choisi — seul le basculement automatique vers le linéaire en fin de plan est prévu par la réglementation.

Quels biens sont éligibles ?

L'amortissement dégressif n'est pas accessible à toutes les immobilisations. Le Code général des impôts (CGI, article 39 A) dresse une liste limitative des catégories de biens ouvrant droit à ce régime. Deux conditions cumulatives doivent être remplies : le bien doit être neuf et sa durée normale d'utilisation doit être d'au moins 3 ans.

Biens éligibles

Catégorie de biens Exemples
Matériels et outillages industriels Machines-outils, presses, tours, robots de production
Équipements de transport Véhicules utilitaires, camions, remorques, chariots élévateurs
Installations à caractère médico-social Équipements hospitaliers, matériel de laboratoire
Matériels de recherche et développement Équipements scientifiques, prototypes, bancs d'essai
Machines de bureau et matériel informatique Serveurs, postes de travail, imprimantes professionnelles
Véhicules industriels Engins de chantier, tracteurs, véhicules spéciaux
Installations de dépollution Stations d'épuration, filtres industriels, systèmes de traitement

Biens exclus

  • Biens d'occasion : seuls les biens acquis neufs ouvrent droit au dégressif. Un bien d'occasion, même éligible par nature, en est exclu.
  • Biens dont la durée d'utilisation est inférieure à 3 ans : le législateur considère que le mécanisme dégressif n'a pas de sens sur des durées très courtes.
  • Véhicules de tourisme : les voitures particulières (catégorie M1) sont expressément exclues, quelle que soit leur affectation professionnelle.
  • Mobilier de bureau : bureaux, chaises, armoires et autres meubles ne sont pas éligibles au dégressif.
  • Constructions et immeubles : les bâtiments et locaux professionnels relèvent obligatoirement de l'amortissement linéaire (ou par composants).

Source

La liste complète des biens éligibles figure à l'article 39 A du CGI et dans le BOFiP (BOI-BIC-AMT-20-20-20). En cas de doute sur l'éligibilité d'un bien spécifique, consultez votre expert-comptable ou vérifiez la doctrine administrative sur bofip.impots.gouv.fr.

Taux et coefficients fiscaux 2026

Le taux d'amortissement dégressif est obtenu en multipliant le taux linéaire (100 % / durée d'utilisation) par un coefficient fiscal qui varie selon la durée d'utilisation du bien. Ces coefficients sont fixés par l'article 39 A, 1 du CGI.

Durée d'utilisation Taux linéaire Coefficient Taux dégressif
3 ans 33,33 % 1,25 41,67 %
4 ans 25,00 % 1,25 31,25 %
5 ans 20,00 % 1,75 35,00 %
6 ans 16,67 % 1,75 29,17 %
7 ans 14,29 % 2,25 32,14 %
8 ans 12,50 % 2,25 28,13 %
10 ans 10,00 % 2,25 22,50 %

Majoration R&D

Les matériels de recherche scientifique et technique peuvent bénéficier d'un coefficient majoré de 0,5 point supplémentaire (soit 1,75 au lieu de 1,25 pour 3-4 ans, 2,25 au lieu de 1,75 pour 5-6 ans, et 2,75 au lieu de 2,25 pour 7 ans et plus). Vérifiez l'éligibilité précise auprès de votre expert-comptable.

Le prorata temporis de la première année

L'amortissement dégressif se calcule à partir du premier jour du mois d'acquisition du bien (et non du premier jour d'utilisation, contrairement au linéaire). Pour la première année, l'annuité est calculée au prorata du nombre de mois restants dans l'exercice à compter du mois d'acquisition inclus.

La formule du prorata temporis est la suivante :

Annuité année 1 = Valeur d'acquisition × Taux dégressif × (Nombre de mois restants / 12)

Par exemple, pour un bien acquis le 15 mars avec un exercice calé sur l'année civile, le nombre de mois retenus est de 10 (de mars à décembre inclus). L'annuité de la première année sera donc : Valeur × Taux dégressif × 10/12.

Exemple complet : tableau sur 5 ans

Prenons un cas concret pour illustrer le fonctionnement du plan d'amortissement dégressif. Une entreprise acquiert une machine industrielle d'une valeur de 15 000 € le 1er mars 2024. La durée d'utilisation retenue est de 5 ans. L'exercice comptable coïncide avec l'année civile (clôture au 31 décembre).

Le taux linéaire est de 20 % (100 % / 5). Le coefficient applicable est 1,75 (durée de 5 ans). Le taux dégressif est donc de 35 % (20 % × 1,75).

Exercice Base (VNC début) Annuité dégressive Annuité linéaire résiduelle Annuité retenue VNC fin
2024 (10 mois) 15 000,00 € 4 375,00 € 2 500,00 € 4 375,00 € 10 625,00 €
2025 10 625,00 € 3 718,75 € 2 656,25 € 3 718,75 € 6 906,25 €
2026 6 906,25 € 2 417,19 € 2 302,08 € 2 417,19 € 4 489,06 €
2027 (basculement) 4 489,06 € 1 571,17 € 2 244,53 € 2 244,53 € 2 244,53 €
2028 2 244,53 € 785,59 € 2 244,53 € 2 244,53 € 0,00 €
Total 15 000,00 €

Détail du calcul année par année

2024 (année d'acquisition) : La machine est acquise le 1er mars, il reste 10 mois dans l'exercice. Annuité dégressive = 15 000 × 35 % × 10/12 = 4 375 €. L'annuité linéaire résiduelle (15 000 / 5 × 10/12) serait de 2 500 €. On retient le montant le plus élevé : 4 375 €.

2025 : La VNC au 1er janvier est de 10 625 €. Annuité dégressive = 10 625 × 35 % = 3 718,75 €. L'annuité linéaire résiduelle (10 625 / 4 ans restants) = 2 656,25 €. On retient 3 718,75 €.

2026 : VNC = 6 906,25 €. Annuité dégressive = 6 906,25 × 35 % = 2 417,19 €. Linéaire résiduelle = 6 906,25 / 3 = 2 302,08 €. On retient 2 417,19 €.

2027 (basculement vers le linéaire) : VNC = 4 489,06 €. Annuité dégressive = 4 489,06 × 35 % = 1 571,17 €. Linéaire résiduelle = 4 489,06 / 2 = 2 244,53 €. L'annuité linéaire dépasse désormais la dégressive : on bascule vers le linéaire. On retient 2 244,53 €.

2028 : VNC = 2 244,53 €. On reste en linéaire : annuité = 2 244,53 €. Le bien est totalement amorti.

Règle du basculement

Le passage du mode dégressif au mode linéaire est automatique et obligatoire. Il intervient dès que l'annuité calculée selon le taux dégressif devient inférieure à l'annuité linéaire obtenue en divisant la VNC résiduelle par le nombre d'années restantes. Ce basculement garantit que le bien sera intégralement amorti à l'issue de sa durée de vie.

Dégressif vs linéaire : quelle méthode choisir ?

Le choix entre amortissement dégressif et linéaire dépend de la situation spécifique de chaque entreprise. Ce n'est pas une question de « meilleure méthode » dans l'absolu, mais d'adéquation avec le profil fiscal et les besoins financiers de l'entreprise.

Profil d'entreprise Méthode recommandée Justification
Start-up déficitaire Linéaire Inutile d'accélérer les charges : le déficit est déjà reportable. Le linéaire lisse la déduction dans le temps.
PME bénéficiaire Dégressif Maximise l'économie d'IS immédiate, libère de la trésorerie pour réinvestir.
Entreprise à l'IR (BIC/BNC) Dégressif Réduit le revenu imposable les premières années, utile en tranche marginale élevée.
Entreprise en forte croissance Dégressif L'avantage de trésorerie finance la croissance sans recours à l'emprunt supplémentaire.
Bien à obsolescence rapide Dégressif Reflète mieux la réalité économique : le bien perd plus de valeur en début de vie.
Bien à durée longue (> 10 ans) Linéaire Le différentiel dégressif/linéaire est moins significatif sur de longues durées.

Attention : décision irréversible

Rappelons que le choix du mode d'amortissement est une décision de gestion irréversible. Une fois le dégressif retenu pour un bien donné, il est impossible de revenir au linéaire (et inversement). Analysez soigneusement votre situation fiscale avant de vous engager. En cas de doute, faites-vous accompagner par votre expert-comptable.

Impact chiffré sur la trésorerie

Reprenons l'exemple de la machine à 15 000 €. Avec un taux d'IS de 25 %, voici l'économie d'impôt comparée :

  • Année 1 (dégressif) : économie d'IS = 4 375 × 25 % = 1 093,75 €
  • Année 1 (linéaire) : économie d'IS = 2 500 × 25 % = 625,00 €
  • Gain de trésorerie la première année : 1 093,75 − 625 = 468,75 €

Sur les deux premières années cumulées, le dégressif génère une économie d'IS anticipée de plus de 700 € par rapport au linéaire. Ce montant peut sembler modeste sur un bien à 15 000 €, mais pour un parc machines de plusieurs centaines de milliers d'euros, l'avantage de trésorerie devient très significatif.

Comptabilisation et amortissement dérogatoire

Lorsqu'une entreprise opte pour l'amortissement dégressif fiscal alors que l'amortissement économiquement justifié (au sens du PCG) est l'amortissement linéaire, elle doit constater un amortissement dérogatoire correspondant à la différence entre les deux.

Le cadre réglementaire

L'article 214-8 du Plan Comptable Général (PCG) impose de distinguer :

  • L'amortissement comptable (économique) : calculé selon le mode qui reflète le rythme de consommation des avantages économiques du bien (généralement linéaire).
  • L'amortissement fiscal (dégressif) : calculé selon le mode dégressif pour bénéficier de l'avantage fiscal.

La différence entre les deux constitue l'amortissement dérogatoire, qui est une provision réglementée inscrite dans les capitaux propres.

Phase de dotation (années où le dégressif dépasse le linéaire)

Pendant les premières années, l'annuité dégressive est supérieure à l'annuité linéaire. L'écart est comptabilisé en amortissement dérogatoire :

Compte Libellé Débit Crédit
68112 Dotation aux amortissements des immobilisations corporelles Annuité linéaire
68725 Dotation aux amortissements dérogatoires Différence (dégressif − linéaire)
28154 Amortissements des installations techniques Annuité linéaire
145 Amortissements dérogatoires Différence (dégressif − linéaire)

Phase de reprise (années où le linéaire dépasse le dégressif)

Lorsque l'annuité linéaire résiduelle prend le relais (après le basculement), l'amortissement dérogatoire précédemment constitué est repris progressivement :

Compte Libellé Débit Crédit
68112 Dotation aux amortissements des immobilisations corporelles Annuité linéaire
145 Amortissements dérogatoires Différence (linéaire − dégressif)
28154 Amortissements des installations techniques Annuité linéaire
78725 Reprise sur amortissements dérogatoires Différence (linéaire − dégressif)

Bon à savoir

L'amortissement dérogatoire est une charge non décaissée qui réduit le résultat comptable mais pas la trésorerie. Il constitue une réserve de capitaux propres qui améliore la structure financière de l'entreprise au bilan. Lors de la phase de reprise, cette réserve se dénoue progressivement, augmentant le résultat comptable sans impact sur la trésorerie.

Erreurs fréquentes à éviter

En accompagnant des centaines de TPE et PME, nous constatons régulièrement les mêmes erreurs dans l'application de l'amortissement dégressif. Voici les trois plus courantes et comment les prévenir.

1. Appliquer le dégressif à un bien d'occasion

C'est l'erreur la plus fréquente. Un client achète un véhicule utilitaire d'occasion et applique le taux dégressif par réflexe. Résultat : en cas de contrôle fiscal, l'administration rectifie le plan d'amortissement et réintègre les excédents déduits, majorés de pénalités (intérêts de retard de 0,20 % par mois + éventuelle majoration de 40 % pour manquement délibéré).

Rappel

Seuls les biens acquis à l'état neuf ouvrent droit à l'amortissement dégressif. Un bien reconditionné, de seconde main ou rénové reste un bien d'occasion au sens fiscal.

2. Oublier le basculement vers le linéaire

Certaines entreprises continuent d'appliquer le taux dégressif jusqu'à la fin du plan, ce qui aboutit à un amortissement incomplet du bien (il reste une VNC résiduelle non nulle à la fin de la durée d'utilisation). Le basculement vers le linéaire n'est pas une option : c'est un mécanisme automatique et obligatoire qui garantit l'amortissement intégral du bien.

La règle est simple : dès que l'annuité dégressive (VNC × taux dégressif) devient inférieure au quotient de la VNC par le nombre d'années restantes, on bascule définitivement vers le linéaire.

3. Ne pas comptabiliser l'amortissement dérogatoire

Lorsque l'entreprise utilise le dégressif fiscal mais que l'amortissement économique est linéaire, l'écart doit impérativement être constaté en amortissement dérogatoire. L'oubli de cette écriture fausse à la fois le résultat comptable et le bilan. En cas de contrôle, l'absence d'amortissement dérogatoire peut entraîner une remise en cause de la déduction fiscale, car l'administration pourrait considérer que l'amortissement n'a pas été « effectivement comptabilisé » au sens de l'article 39 B du CGI.

En résumé

  1. L'amortissement dégressif est une option fiscale facultative qui permet de déduire davantage de charges en début de vie du bien, offrant un avantage de trésorerie significatif aux entreprises bénéficiaires.
  2. Seuls les biens neufs d'une durée d'utilisation supérieure à 3 ans sont éligibles. Les biens d'occasion, les véhicules de tourisme, le mobilier et les constructions en sont exclus.
  3. Le taux dégressif = taux linéaire × coefficient fiscal (1,25 pour 3-4 ans, 1,75 pour 5-6 ans, 2,25 pour 7 ans et plus). La première année, l'annuité est calculée au prorata temporis à partir du mois d'acquisition.
  4. Le basculement vers le linéaire est automatique dès que l'annuité dégressive calculée est inférieure au quotient de la VNC par les années restantes.
  5. L'amortissement dérogatoire doit être comptabilisé pour l'écart entre l'amortissement fiscal (dégressif) et l'amortissement économique (linéaire).

Sources et références

Questions fréquentes

Besoin d'un expert-comptable ?

Le Cabinet CCAC vous accompagne. Premier rendez-vous offert.

Nous contacter