Fiscalité & Impôts

Taxe PUMA 2026 : qui la doit, comment la calculer et comment l'éviter légalement

Guide complet sur la taxe PUMA (CSM) 2026 : 3 conditions, calcul avec le PASS 2026 (48 060 €), exemples chiffrés, cas SASU et stratégies d'optimisation légales.

Cabinet CCAC9 avril 202612 min de lecture
Taxe PUMA 2026 — calcul et optimisation

Calculateur taxe PUMA 2026

Estimez votre cotisation subsidiaire maladie (CSM) en quelques secondes.

PASS 2026 : 48 060 €Seuil activité : 9 612 €Seuil patrimoine : 24 030 €

Taux applicable

6,50 %

Assiette taxable

25 970 €

CSM due

1 688 €

En vous versant 9 612 € de revenus d’activité supplémentaires, vous neutralisez la CSM.

Rémunération minimale pour exonération : 9 612 €/an soit ~800 €/mois net

Simulateur fourni à titre indicatif sur la base du PASS 2026 (48 060 €). Consultez un expert-comptable pour valider votre situation personnelle.

Qu'est-ce que la taxe PUMA ?

La taxe PUMA — officiellement appelée cotisation subsidiaire maladie (CSM) — est une cotisation créée par l'article L.380-2 du Code de la sécurité sociale. Elle est née de la réforme de la Protection Universelle Maladie (PUMa), entrée en vigueur le 1er janvier 2016. Son objectif : financer la couverture maladie universelle en mettant à contribution les personnes qui bénéficient du système de santé français sans cotiser suffisamment au titre de leur activité professionnelle.

Concrètement, la CSM vise les résidents fiscaux français dont les revenus d'activité sont faibles ou nuls mais qui perçoivent des revenus du patrimoine importants — typiquement des dividendes, des revenus fonciers, des intérêts ou des plus-values mobilières. Le mécanisme est simple : si vous profitez de l'assurance maladie sans contribuer à travers des cotisations sociales sur vos revenus professionnels, l'URSSAF vous appelle à contribution via la CSM.

En pratique, cette taxe concerne principalement les dirigeants de SASU se rémunérant exclusivement en dividendes, les rentiers immobiliers et les investisseurs qui n'exercent pas (ou peu) d'activité salariée ou indépendante.

Taxe PUMA vs ancienne CMU

Avant 2016, la couverture maladie universelle (CMU) était soumise à des conditions de ressources. Il fallait en faire la demande et justifier de sa situation. Depuis la réforme PUMa, toute personne résidant en France de manière stable et régulière bénéficie automatiquement de la prise en charge de ses frais de santé. Cette universalité a un prix : la cotisation subsidiaire maladie, qui remplace l'ancienne « cotisation CMU de base » et s'applique de plein droit, sans démarche préalable, dès que les conditions sont réunies.

Taxe PUMA vs prélèvements sociaux

Il ne faut pas confondre la CSM avec les prélèvements sociaux classiques (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité) qui s'élèvent à 17,2 % sur les revenus du patrimoine. La taxe PUMA est une cotisation supplémentaire, qui vient s'ajouter aux 17,2 % déjà prélevés. Autrement dit, un contribuable assujetti à la CSM paie la CSM en plus des prélèvements sociaux habituels. De plus, contrairement à la CSG dont une partie (6,8 %) est déductible du revenu imposable, la CSM n'est pas déductible.

Qui est soumis en 2026 ? Les 3 conditions cumulatives

Pour être redevable de la taxe PUMA en 2026, il faut remplir simultanément les trois conditions suivantes. Si l'une d'entre elles n'est pas satisfaite, vous n'êtes pas assujetti.

Condition 1 — Résidence stable en France

Vous devez résider en France métropolitaine ou dans un DROM de manière stable, c'est-à-dire au moins 6 mois par année civile (183 jours). Les personnes résidant à l'étranger ou les travailleurs détachés ne sont pas concernés.

Condition 2 — Revenus d'activité inférieurs à 20 % du PASS

Vos revenus d'activité professionnelle (salaires nets, BIC, BNC, rémunération de gérance, etc.) doivent être inférieurs à 20 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). Avec un PASS 2026 fixé à 48 060 €, ce seuil s'établit à :

20 % × 48 060 = 9 612 €

Dès que vos revenus d'activité atteignent ou dépassent 9 612 € sur l'année, vous êtes totalement exonéré de la CSM, quel que soit le montant de vos revenus du patrimoine.

Règle du couple

Si vous êtes marié ou pacsé et que votre conjoint perçoit des revenus d'activité supérieurs ou égaux à 9 612 €, vous êtes tous les deux exonérés de la taxe PUMA, même si l'un des deux n'a aucun revenu d'activité. Cette règle s'applique uniquement aux couples soumis à imposition commune.

Condition 3 — Revenus du patrimoine supérieurs à 50 % du PASS

Vos revenus du patrimoine doivent dépasser 50 % du PASS, soit :

50 % × 48 060 = 24 030 €

Les revenus du patrimoine pris en compte comprennent : les dividendes, les revenus fonciers, les intérêts, les plus-values mobilières et immobilières, les rentes viagères et, de manière générale, tous les revenus soumis aux prélèvements sociaux au titre du patrimoine ou des placements. Les revenus exonérés (livret A, PEA sous 5 ans de détention, etc.) ne sont pas comptabilisés.

Comment calculer la taxe PUMA ?

Le calcul de la cotisation subsidiaire maladie repose sur trois éléments : l'assiette taxable, le taux applicable et une formule combinant les deux.

L'assiette taxable

L'assiette correspond aux revenus du patrimoine compris entre un plancher et un plafond :

  • Plancher (franchise) : 50 % du PASS = 24 030 € — les premiers 24 030 € ne sont pas taxés
  • Plafond : 8 × PASS = 384 480 € — les revenus au-delà ne sont pas pris en compte

Assiette = min(revenus patrimoine, 384 480) − 24 030

Le taux dégressif

Le taux maximal est de 6,5 %. Il diminue proportionnellement à mesure que vos revenus d'activité se rapprochent du seuil de 9 612 € :

Taux = 6,5 % × (1 − revenus_activité / 9 612)

  • Si revenus d'activité = 0 € → taux = 6,5 %
  • Si revenus d'activité = 4 806 € → taux = 3,25 %
  • Si revenus d'activité = 9 612 € → taux = 0 % (exonération totale)

La formule complète

CSM = (min(patrimoine, 384 480) − 24 030) × 6,5 % × (1 − revenus_activité / 9 612)

Exemple 1 : Président de SASU, 0 € de salaire, 50 000 € de dividendes

Élément Valeur
Revenus d'activité0 €
Revenus patrimoine (dividendes)50 000 €
Taux applicable6,5 % × (1 − 0/9 612) = 6,5 %
Assiette50 000 − 24 030 = 25 970 €
CSM due25 970 × 6,5 % = 1 688 €

Exemple 2 : 4 800 € de salaire, 80 000 € de revenus fonciers

Élément Valeur
Revenus d'activité4 800 €
Revenus patrimoine (foncier)80 000 €
Taux applicable6,5 % × (1 − 4 800/9 612) = 3,25 %
Assiette80 000 − 24 030 = 55 970 €
CSM due55 970 × 3,25 % = 1 819 €

Exemple 3 : 8 500 € de salaire, 60 000 € de dividendes

Élément Valeur
Revenus d'activité8 500 €
Revenus patrimoine (dividendes)60 000 €
Taux applicable6,5 % × (1 − 8 500/9 612) = 0,75 %
Assiette60 000 − 24 030 = 35 970 €
CSM due35 970 × 0,75 % = 270 €

L'exemple 3 illustre parfaitement l'effet du taux dégressif : avec 8 500 € de revenus d'activité (à peine 1 112 € sous le seuil), la CSM chute de 1 688 € à seulement 270 €. Un petit effort de rémunération peut faire une différence considérable.

Cas particulier : SASU et dividendes

La SASU est la forme juridique la plus touchée par la taxe PUMA. Le président de SASU est assimilé salarié : ses dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales (contrairement à la SARL/EURL), ce qui pousse de nombreux dirigeants à opter pour une stratégie « 100 % dividendes » afin d'éviter les charges sociales élevées sur la rémunération. Mais cette optimisation se retourne contre eux via la CSM.

Impact de l'abattement de 40 % sur les dividendes

L'assiette de la CSM dépend du régime fiscal choisi pour les dividendes :

  • Barème progressif : les dividendes bénéficient d'un abattement de 40 %. Pour 50 000 € de dividendes bruts, l'assiette patrimoine retenue pour la CSM est de 30 000 € (après abattement).
  • Prélèvement forfaitaire unique (PFU / flat tax à 30 %) : l'abattement de 40 % ne s'applique pas. L'assiette patrimoine retenue pour la CSM est de 50 000 € bruts.

Le choix du PFU peut donc paradoxalement augmenter la base taxable à la CSM, même s'il réduit l'impôt sur le revenu.

La stratégie « 100 % dividendes » peut coûter cher

Un président de SASU qui se verse 0 € de salaire et 80 000 € de dividendes (au PFU) paie une CSM de : (80 000 − 24 030) × 6,5 % = 3 638 €. Ce montant, ajouté aux 17,2 % de prélèvements sociaux, alourdit significativement la charge fiscale globale.

L'arbitrage : se verser 900 à 1 000 € bruts par mois

La solution la plus simple et la plus efficace consiste à se verser une rémunération mensuelle brute d'environ 900 à 1 000 €, soit environ 9 612 € nets annuels. Cette rémunération minimale permet de :

  • Franchir le seuil de 20 % du PASS et neutraliser totalement la CSM
  • Valider des trimestres de retraite (4 trimestres avec ce montant)
  • Bénéficier de droits sociaux complets (indemnités journalières, etc.)

Le coût en cotisations sociales patronales et salariales sur cette rémunération est généralement inférieur au montant de CSM économisée, surtout lorsque les dividendes dépassent 50 000 €.

Comment éviter la taxe PUMA légalement

Plusieurs stratégies permettent de neutraliser ou réduire la cotisation subsidiaire maladie en toute légalité.

Solution 1 : Se verser une rémunération minimale de 9 612 €

C'est la méthode la plus directe et la plus courante. Dès que vos revenus d'activité (salaire net, BIC, BNC, rémunération de gérance) atteignent 9 612 € par an, le taux de la CSM tombe à 0 %. Cette stratégie est particulièrement pertinente pour les présidents de SASU et les associés uniques de SAS.

Pour un président de SASU, le coût total employeur d'une rémunération brute de ~12 000 € (donnant ~9 612 € nets) s'élève à environ 15 000–16 000 € charges comprises. C'est à comparer avec la CSM qu'on neutralise : pour 80 000 € de dividendes, l'économie de CSM est de 3 638 €. L'arbitrage dépend donc du montant des dividendes.

Solution 2 : Obtenir le statut de loueur meublé professionnel (LMP)

Les revenus de location meublée professionnelle (LMP) sont qualifiés de bénéfices industriels et commerciaux (BIC) professionnels et sont donc considérés comme des revenus d'activité au sens de l'article L.380-2. Si vos revenus LMP dépassent 9 612 €, vous êtes exonéré de la CSM, même si vous percevez par ailleurs des dividendes ou des revenus fonciers importants.

Solution 3 : Réduire les revenus du patrimoine sous 24 030 €

Si vos revenus du patrimoine sont proches du seuil, vous pouvez envisager de les optimiser à la baisse : réinvestir les dividendes plutôt que les distribuer, privilégier des placements à capitalisation (assurance-vie, PEA) plutôt que des placements distribuant, ou encore reporter des plus-values.

PLFSS 2026 et évolutions envisagées

La Cour des comptes et plusieurs sénateurs ont proposé des amendements au PLFSS 2026 visant à élargir l'assiette de la CSM ou à relever le taux plafond. À ce jour, aucune modification n'a été adoptée, mais le dispositif est régulièrement discuté. Restez attentif aux évolutions législatives qui pourraient modifier les seuils et le taux dès 2027.

Exonérations et personnes non concernées

Certaines catégories de personnes sont exonérées de droit de la taxe PUMA, quels que soient leurs revenus du patrimoine :

  • Retraités : toute personne percevant une pension de retraite d'un régime obligatoire français (régime général, MSA, RSI/SSI, CIPAV, etc.) est exonérée. La pension, même modeste, constitue un revenu de remplacement qui dispense de la CSM.
  • Invalides : les titulaires d'une pension d'invalidité, d'une rente d'accident du travail ou d'une allocation aux adultes handicapés (AAH) sont exonérés.
  • Demandeurs d'emploi : les personnes inscrites à France Travail et percevant l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) ou l'allocation de solidarité spécifique (ASS) sont exonérées.
  • Travailleurs détachés : les salariés détachés en France par une entreprise étrangère, affiliés au régime de sécurité sociale de leur pays d'origine, ne sont pas soumis à la CSM.
  • Étudiants : les étudiants affiliés au régime étudiant de sécurité sociale ne sont pas concernés.

La question des retraités précoces (personnes ayant liquidé leur retraite mais percevant des revenus du patrimoine importants) fait régulièrement débat. En l'état actuel du droit, la perception d'une pension de retraite, même minimale, suffit à exonérer de la CSM. Des discussions au Sénat envisagent toutefois de conditionner cette exonération à un seuil minimum de pension.

Payer et contester la taxe PUMA

La CSM est appelée par l'URSSAF (ou la CGSS en outre-mer), et non par l'administration fiscale. Le calendrier et les modalités de paiement sont les suivants :

Calendrier de paiement

  • Appel de cotisation : l'URSSAF envoie un avis de cotisation en novembre de l'année N+1. La CSM due au titre de 2025 est donc appelée en novembre 2026.
  • Paiement en ligne : via le portail dédié puma.urssaf.fr. Le paiement peut être effectué par prélèvement automatique ou par carte bancaire.
  • Délai de paiement : 30 jours à compter de la réception de l'avis. Des pénalités de retard de 5 % s'appliquent en cas de défaut de paiement.

Contester la taxe PUMA

Si vous estimez que la cotisation est injustifiée (erreur sur les revenus, exonération non prise en compte, etc.), vous pouvez engager une procédure de contestation :

  1. Recours amiable (CRA) : saisissez la Commission de recours amiable de l'URSSAF dans un délai de 2 mois à compter de la notification de l'appel de cotisation. Le recours doit être motivé et accompagné des justificatifs (avis d'imposition, bulletins de salaire, attestation de retraite, etc.).
  2. Recours contentieux : en cas de rejet par la CRA (ou d'absence de réponse dans un délai de 2 mois), vous pouvez saisir le Tribunal judiciaire (pôle social) compétent. L'assistance d'un avocat n'est pas obligatoire mais fortement recommandée.

Les motifs de contestation les plus fréquents portent sur : une erreur dans le calcul des revenus pris en compte, la non-prise en compte d'un revenu d'activité, la non-application de l'exonération pour le conjoint, ou un changement de situation en cours d'année (départ à l'étranger, liquidation de retraite).

Récapitulatif 2026

Paramètre Valeur 2026
PASS 202648 060 €
Seuil revenus d'activité (20 % PASS)9 612 €
Seuil revenus patrimoine (50 % PASS)24 030 €
Plafond assiette (8 × PASS)384 480 €
Taux maximum6,5 %
CSM maximale théorique23 429 €
Appel de cotisation URSSAFNovembre N+1
Portail de paiementpuma.urssaf.fr
Délai de contestation (CRA)2 mois

Sources : Article L.380-2 du Code de la sécurité sociale ; Décret n° 2016-979 du 19 juillet 2016 ; URSSAF — Cotisation subsidiaire maladie ; PASS 2026 (arrêté du 26 novembre 2025).

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