Loi Évin et mutuelle : conserver sa complémentaire santé d'entreprise en 2026 (guide + calculateur)
Maintenir sa mutuelle santé via la loi Évin : conditions, cotisation, délai de 6 mois. Calculez votre coût sur 4 ans avec notre simulateur gratuit.

Maintenir sa mutuelle santé via la loi Évin : conditions, cotisation, délai de 6 mois. Calculez votre coût sur 4 ans avec notre simulateur gratuit.

Saisissez votre cotisation globale mensuelle actuelle (part salariée + part employeur), votre âge au départ et votre niveau de garanties. Le calcul applique les plafonds du décret n° 2017-372 et compare avec une mutuelle senior individuelle équivalente.
Projection mensuelle 4 ans
Arbitrage à étudier selon votre état de santé
L'écart sur 4 ans est de 653 € (+12 %) en défaveur de la loi Évin. Le maintien Évin reste pertinent si vous avez des pathologies déclarées (pas de questionnaire médical) ou si vos garanties d'entreprise sont haut de gamme. Sinon, étudiez les mutuelles senior dès l'année 2.
Note méthodologique. Calcul fondé sur les plafonds du décret n° 2017-372 du 21 mars 2017 (article 4 de la loi n° 89-1009). L'année 4 et la projection mutuelle senior sont des estimations indicatives issues d'une moyenne marché par tranche d'âge et niveau de garanties. Vos cotisations réelles dépendent de votre assureur, de votre convention collective et de l'évolution du contrat. À utiliser comme aide à la décision, pas comme devis.
La loi Évin permet aux anciens salariés de conserver leur mutuelle d'entreprise après leur départ à la retraite, en cas d'invalidité, en fin de droits chômage, ou pour les ayants droit d'un salarié décédé. Inscrite à l'article 4 de la loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989, elle protège chaque année plus de 500 000 bénéficiaires d'une rupture brutale de couverture santé.
Ce guide détaille les conditions exactes d'éligibilité, les plafonds de cotisation fixés par le décret n° 2017-372 du 21 mars 2017, les délais à respecter, et propose un calculateur sur quatre ans pour déterminer si le maintien Évin reste pertinent par rapport à une mutuelle senior individuelle. Un détail change tout : à partir de la quatrième année, l'assureur fixe librement ses tarifs.
La loi Évin garantit la continuité de la couverture santé collective au-delà du contrat de travail. Son article 4 oblige l'organisme assureur (mutuelle, institution de prévoyance ou société d'assurance) à proposer à l'ancien salarié un contrat individuel reprenant à l'identique les garanties dont il bénéficiait dans l'entreprise. Aucun questionnaire de santé ne peut être exigé, et aucun délai de carence ne s'applique : la couverture prend effet au lendemain de la demande.
Promulguée le 31 décembre 1989 sous l'égide de Claude Évin, alors ministre des Affaires sociales, cette loi vise à protéger les assurés au moment où ils sortent du collectif et perdent simultanément la contribution patronale qui finançait au minimum 50 % de leur cotisation. La protection ne couvre que les frais de santé : les garanties de prévoyance (incapacité, invalidité, décès) ne sont pas transférées et cessent à la fin de la portabilité.
La loi Évin n'opère pas un maintien du contrat collectif initial. Elle ouvre droit à un nouveau contrat, individuel, dont les garanties sont calquées sur celles du contrat collectif sortant.
Le maintien des garanties Évin n'est pas automatique : il est réservé à des situations limitativement énumérées par la loi.
Tout ancien salarié partant à la retraite et bénéficiant d'une pension peut demander le maintien de sa mutuelle d'entreprise. C'est le cas d'usage majoritaire — environ 70 % des contrats Évin sont activés à cette occasion. Le départ peut être volontaire ou imposé (mise à la retraite par l'employeur) : le droit s'applique dans les deux cas.
Les anciens salariés qui perçoivent une rente d'incapacité de travail ou d'invalidité — toutes catégories confondues (1, 2 ou 3) — entrent dans le champ de la loi Évin. La condition est que l'invalidité soit reconnue par la Sécurité sociale et que l'intéressé ait été affilié au contrat collectif au moment où il a quitté l'entreprise.
À l'issue des 12 mois maximum de portabilité gratuite prévue par la loi ANI, un demandeur d'emploi toujours indemnisé peut activer la loi Évin pour prolonger sa couverture, cette fois à titre payant. La demande doit être formulée dans les six mois suivant l'expiration de la portabilité.
En cas de décès d'un salarié en activité, son conjoint, partenaire de PACS et ses enfants à charge — s'ils étaient couverts par le contrat collectif au moment du décès — peuvent maintenir les garanties pendant une durée minimale de 12 mois. C'est le seul cas où la loi Évin couvre des ayants droit.
Sont en revanche exclus du dispositif : les salariés dispensés d'adhésion (qui n'étaient donc pas couverts par le contrat collectif), les démissionnaires sans motif légitime au sens de France Travail, et les salariés licenciés pour faute lourde.
Le coût du maintien Évin est intégralement à la charge de l'ancien salarié, part patronale comprise. Pour éviter une explosion brutale du tarif, le décret n° 2017-372 du 21 mars 2017 — entré en vigueur le 1er juillet 2017 et remplaçant le précédent décret n° 90-769 du 30 août 1990 — encadre les augmentations sur les trois premières années.
La première année, la cotisation ne peut pas dépasser le tarif global appliqué aux salariés actifs de l'entreprise (part salariée + part employeur réunies). Concrètement, un retraité dont l'employeur prenait en charge 50 % d'une cotisation de 80 € paiera 80 € intégralement dès le premier mois — soit le double de sa contribution antérieure.
À la date anniversaire du contrat, l'assureur peut majorer la cotisation jusqu'à un plafond de +25 % par rapport au tarif global des actifs en vigueur à cette date.
La troisième année, le plafond passe à +50 % du tarif des actifs. C'est le plus haut niveau encadré par la loi.
À partir de la quatrième année, plus aucune limite réglementaire ne s'applique. L'assureur fixe librement le tarif individuel, généralement calé sur la grille des contrats seniors du marché. C'est à ce stade que le contrat Évin perd souvent en compétitivité face à une mutuelle senior dédiée.
Un point souvent passé sous silence : le décret 2017 ne précise pas explicitement quel référentiel utiliser pour calculer le « tarif global appliqué aux salariés ». Doit-on retenir la cotisation individuelle de l'ancien salarié, ou une moyenne pondérée d'entreprise ? L'interprétation majoritaire des assureurs retient une moyenne pondérée.
La procédure mobilise trois acteurs — employeur, organisme assureur, ancien salarié — et obéit à un calendrier serré.
À compter de la cessation du contrat de travail ou de la fin de la période de portabilité, l'organisme assureur dispose de deux mois pour adresser à l'ancien salarié une proposition de maintien individuel précisant les conditions tarifaires applicables.
L'ancien salarié dispose ensuite d'un délai de six mois pour accepter cette proposition. Le point de départ du délai est la cessation du contrat de travail si le départ se fait directement à la retraite, ou la fin de la portabilité si elle est intervenue. Passé ce délai, le droit est définitivement perdu : aucune dérogation n'est prévue par les textes.
La demande gagne à être formulée par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) pour disposer d'une preuve datée. Les pièces habituellement demandées sont : attestation de retraite (notification de la caisse de retraite) ou avis France Travail pour les chômeurs, certificat de travail délivré par l'ancien employeur, RIB pour le prélèvement des cotisations.
La confusion entre loi Évin et portabilité ANI est l'erreur la plus fréquente. Les deux dispositifs assurent une continuité de la mutuelle après le départ, mais reposent sur des logiques juridiques différentes : la portabilité est issue de l'article L911-8 du Code de la sécurité sociale, créé par la loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 transposant l'ANI du 11 janvier 2013. Le maintien Évin résulte directement de l'article 4 de la loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989.
| Critère | Portabilité ANI | Loi Évin |
|---|---|---|
| Durée | 12 mois maximum (selon ancienneté) | Illimitée tant que les cotisations sont réglées |
| Coût | Gratuit (mutualisé entre actifs) | 100 % à la charge de l'ancien salarié |
| Public | Chômeurs indemnisés uniquement | Retraités, invalides, chômeurs, ayants droit décédé |
| Périmètre | Frais de santé + prévoyance | Frais de santé seuls |
Les deux mécanismes se complètent : la portabilité ANI assure la continuité immédiate gratuite pendant 12 mois, et la loi Évin prend le relais pour les profils encore éligibles.
C'est l'angle mort le plus coûteux du dispositif. Lorsqu'un salarié part à la retraite et qu'il avait intégré son conjoint et ses enfants au contrat collectif (contrat famille), le maintien Évin ne s'étend pas à ces ayants droit. L'ancien salarié peut bénéficier du dispositif à titre strictement individuel, tandis que son conjoint devra souscrire une mutuelle individuelle séparée.
Le foyer se retrouve alors avec deux contrats, deux cotisations, deux niveaux de garantie potentiellement différents. Dans certaines configurations, une mutuelle familiale senior unique se révèle plus simple et moins coûteuse que cette double couverture.
L'exception concerne le décès du salarié : conjoint et enfants à charge bénéficient d'un maintien des garanties d'au moins 12 mois à compter du décès, dans les conditions du contrat collectif initial. La procédure est déclenchée par l'employeur, qui informe l'assureur du décès. Ce dernier adresse une proposition aux ayants droit dans un délai de deux mois, et les bénéficiaires disposent de six mois pour répondre. Passé les 12 mois minimum, chacun doit souscrire individuellement.
Un contrat Évin est juridiquement un contrat individuel d'assurance santé. À ce titre, il relève du régime de droit commun de la résiliation infra-annuelle (RIA) instaurée par la loi du 14 juillet 2019 : après douze mois de souscription, l'assuré peut résilier à tout moment, sans frais ni pénalité, avec un préavis légal d'un mois. La demande s'effectue par lettre ou par voie électronique selon les modalités prévues au contrat.
Cette faculté ouvre une stratégie d'arbitrage utile : un ancien salarié peut adhérer au contrat Évin pour préserver le droit (respecter le délai de six mois) puis comparer pendant la première année avec les offres seniors du marché. S'il identifie une formule plus avantageuse, il bascule dès le treizième mois.
Point de vigilance : le nouveau contrat senior souscrit en remplacement peut exiger un questionnaire médical et appliquer des exclusions ou surprimes selon l'état de santé déclaré, alors qu'aucune sélection médicale n'est autorisée dans le cadre de la loi Évin. Un bilan santé personnel s'impose avant la bascule.
Le bon arbitrage dépend de cinq variables. Voici une grille de lecture pour décider rapidement.
La loi Évin est une excellente solution de transition sur 1 à 3 ans : elle protège sans sélection médicale, préserve le niveau de garanties du collectif, et laisse le temps de comparer le marché. Au-delà de la quatrième année, vigilance obligatoire : le tarif redevient libre et le contrat perd souvent en compétitivité face à une mutuelle senior individuelle.
La stratégie optimale consiste à adhérer au contrat Évin pour sécuriser le droit dans les six mois, puis à arbitrer pendant l'année 1 avec le calculateur proposé en haut de cette page.
Sources et textes de référence : Loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989 — article 4 (Légifrance) · Décret n° 2017-372 du 21 mars 2017 (Légifrance) · Fiche service-public.gouv.fr F20744 · Article L911-8 du Code de la sécurité sociale (portabilité ANI). Article publié le 18 mai 2026 par Sylvie Lambert, expert-comptable diplômée. Vocation informative — pour toute situation concrète, contactez votre assureur, votre service RH ou un courtier en assurances.
Le Cabinet CCAC vous accompagne. Premier rendez-vous offert.

Accédez à votre compte CIC Épargne Salariale : nouvelle adresse cic-ere.fr, identifiants inchangés, mot de passe oublié, disponibilité de l'épargne. Guide 2026.

Le gel des pensions Agirc-Arrco frappe 14 millions de retraités depuis le 17 octobre 2025. Calculez votre perte mensuelle, annuelle et cumulée sur 24 mois, comprenez les recours juridiques en cours et les trois scénarios possibles pour novembre 2026.

La prime exceptionnelle Agirc-Arrco automatique n'existe pas en 2026 (démenti officiel). Découvrez les vraies aides financières et l'outil d'éligibilité.